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Tara King th - A sigh of relief - ocean music


Tracklist (single) :
1. once upon a dream
2. Am I that easy to forget
3. It's hard to be a cat
4. a sigh of relief
5. Brand new key
6. There are still things to gaze at
 
Tara King th
Tara King th
A sigh of relief
[ocean music]
(2006)
Distribution : rock revolution records ( france)



Plus d'infos :
http://www.ocean-music.fr
http://www.tkth.com
S'effacer pour s'accomplir.
Avec l'envie évidente de sortir du cocon 'studio' Tara King th s'est exposé(e!) lors de quelques dates de concerts avec un dispositif scénique repris en grande partie sur ce disque. Une autre envie d'en découdre, d'aller à la simplicité mais pas forcément à la facilité, la convenance. Tout en étant capable de faire plus avec moins.
Si chez beaucoup les sessions acoustiques relèvent d'un conventionnel guitare / basse / batterie plus ou moins débranchouillées le groupe originaire de Romans s'est assez naturellement orienté vers claviers analogiques/ voix / batterie.
Plus car le groupe se fend de trois reprises aux origines bien lontaines les unes des autres( Esther Philips, Melanie, Dyonisos). Une reprise c'est un exercice toujours dificile quand il n'est pas mené en pilotage automatique modèle copie conforme de l'original.
Pour preuve évidente de leur réussite cette reprise de La métamorphose de Mister chat de Dyonisos ( pas notre tasse de thé ici).
Un chat esseulé, gueule cassée, créature malingre qu'on a envie d'étriper tellement il dérange est totalement sublimé sous le velours de la voix de Béatrice Morel-Journel, laquelle sait puiser dans ses ressources pour ce titre en français... Et nous de miauler a sa suite. Un début à pattes de chat, rejoint par Vivien à la batterie pour une montée alpestre. Ascension qui ne sera d'alleurs pas la seule du ( trop court) disque.
Ici pour Am I that easy to forget interprété jadis par Esther Philips et qu'on est pas près d'oublier Cinematic Orchestra rencontre Nicolette.

On pense aussi à Martin Gore (de Depeche Mode) et le souvenir toujours aussi présent du bruit du siège qu'on recule un peu, du bois de l'orgue qui travaille ( version harmonium de enjoy the silence). Un décor minimaliste, une voix posée... et la magie peut opérer... Once upon a dream ( extrait de The Tara King Theory sorti en 2005) qui ouvre ce disque possède tout ça à son tour et il est peu probable qu'Arno Boyer connaisse cette version de Enjoy the Silence. Mais, comme en cuisine, les mêmes ingrédients produisent les mêmes effets on savoure une ballade, confortable et mystérieuse à souhait qui devient vite comme un hymne.
Le mystère rejoint l'effroi au détour de l'inédit A sigh of relief, le mal vissé quelque part entre la b.o de l'exorciste et les Sabres of Paradise ( haunted dancehall pour ne pas le nommer). Béatrice y campe une adolescente en proie à de perturbantes pulsions mortifères, une autre ambiance pour le groupe.

Enfin ( et c'est un final magistral, un vrai) à l'assaut de la montagne there are still things to gaze at un premier palier est franchi avec la batterie (Vivien Kiper ) qui rejoint le coeur voix-piano. Vivien Kiper qui n'a jamais été autant en forme que sur ce titre. Un toucher classieux déjà fortement apprécié en concert devient plus rentre-dedans. Puis c'est l'arrivée au sommet, dans une montée épique, flamboyante ... et tout ça à trois. Et quand s'égrènent les dernières notes il n'y a plus rien à dire, à part repasser ce titre en boucle. 27 fois en ce qui nous concerne ( précédent record? Shiny happy people de R.E.M, avec 24 fois pour les statisticiens).

Tkth fait la démonstration que leurs chansons, leurs interprétations se tiennent, loin des machines sophistiquées, du giron electronica, du ghetto trip-hop. Qu'Arno Boyer compose, écrit de vraies mélodies, des faciles pour fredonner sous la douche des plus pérennes qui s'impriment davantage. Que leur palette s'est considérablement élargie et qu'il ne faudra pas grand-chose ( un souffle ? un soupir?) , pour atteindre une reconnaissance bien plus large que celle octroyée jusqu'ici. Vous avez la nôtre, éternelle, si c'est possible, et surtout jusqu'au troisième album.

En faisant le choix de s’effacer, de se mettre en retrait du diktat technologique le groupe parvient à s’accomplir pleinement. S'effacer pour s'accomplir voilà un choix dificile et une belle leçon de modestie. TKTH s'avance aujourd'hui en valeur sûre. Il reste effectivement bien des choses à contempler.
Erik
Note du chroniqueur : (4.5/5)
un bonhommeun bonhommeun bonhommeun bonhommeun demi-bonhomme

Publié le : 23 Octobre 2006.

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