INTERVIEW Clover

( down-tempo.net)Tout d'abord pourquoi ce nom, Clover ?
( Garin Le Thuc) C’est un nom qui est venu un peu par hasard… un peu comme tout ce qui nous est arrivé dans cette histoire, au final. J’écoutais Clover Over Dover de Blur, au moment où nous cherchions un nom, donc je l’ai proposé.
( Charlotte Savary) La chance a été un élément assez déterminant dans notre histoire...Clover semblait vraiment nous correspondre.
( down-tempo.net)
Au départ vous étiez à la recherche d’une voix pour habiter vos compositions… Charlotte Savary vous a –t-elle influencée par sa personnalité ? Son talent ?
( Garin Le Thuc) C’est une question à laquelle je ne sais pas trop répondre… Charlotte et moi travaillions à distance, et de ce fait, nous ne nous voyions quasiment jamais... Je ne pense pas qu’elle ait eu une influence sur la musique que j’ai pu écrire, mais en revanche, elle avait carte blanche pour chanter ce qu’elle voulait dessus. Je pense d’ailleurs que c’est une bonne chose que nous n’ayons pas cherché à coller aux goûts de l’autre, même si cela a pu engendrer quelques désaccords… notre musique n’en est que plus riche et variée.
( down-tempo.net)Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos textes ?
( Charlotte Savary)L'amour, le désamour, la séduction, sur fond de vie citadine tour à tour désirée, aliénante. L'amour revient beaucoup, évidemment…lorsqu'on vit des sentiments nouveaux on a vraiment l'impression que ça n'appartient qu'à nous, alors que c'est en fait très universel. Et on s'en aperçoit lorsque quelqu'un vous dit : "cette chanson, c'est trop moi !". Sinon les autres thèmes, tout ce qui peut me toucher ou m'interpeller à un moment précis, j'ai un tout petit carnet que je dégaine dans des moments d'inspiration, ça peut être un hall de gare, une personne croisée dans le métro.

( down-tempo.net)Pouvez-vous expliquer chacun des titres de World’s End Lane?
( Charlotte Savary) Dans « Sword City », l’idée de l’épée vient de « Spleen », poème de Baudelaire qui m’a marqué, ou il compare le ciel à un couvercle (« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »). Ici le couvercle devient une épée de Damoclès, pesant sur nos têtes en permanence, comme une menace. Parfois la vie urbaine peut elle aussi sembler lourde et menaçante. « Not Love » est une histoire d'attirance, entre désir et amour, pour quelqu'un qui n'est pas disponible, du refus à l’abandon, lorsque le désir est plus fort que toutes les barrières que l’on se pose. « On & On » ou la drague et ses petites déconvenues. C’est une chanson de nymphomane qui se prend une veste, c’est un peu la chanson légère de l’album… et elle n’est pas du tout autobiographique je tiens à le préciser !
( Garin Le Thuc) « The Things » : Après une rupture, on repense souvent aux choses qu’on faisait ensemble, on repasse devant des endroits qui nous ont marqué, on repense aux promesses non tenues, puis petit à petit, on oublie, on s’en remet, et on repart dans la vie… C’est un peu cette progression, de la douleur et l’amertume vers le nouveau départ qu’on a essayé de transcrire…
( Charlotte Savary) Pour « The Death Of The Lonely Superhero », en fait Garin avait suggéré le titre, et je suis partie de là pour l’illustrer. On parle souvent de la force des hommes héroïques, ils semblent n’avoir besoin de personne, mais derrière tout ça il y a des blessures, des amours, des souvenirs, et derrière le masque, de la faiblesse.
( Charlotte Savary) « Now I Know » c’est cette plénitude vers laquelle nous aimerions tendre. Pouvoir apprécier les choses simples, pouvoir se dire que l’on peut se sentir bien sans « manquer à personne », que l’on peut se suffire à soi-même, essayer d’être « un » avant tout.
( Charlotte Savary) « See No Hear No Speak No » fait référence à l’expression anglaise « See No Hear No Speak No evil ». Ne pas voir le mal, ne pas écouter le mal et ne pas parler du mal pour qu’il ne se répande pas. Pour moi nous avons aussi cette attitude envers les fous, que nous enfermons alors qu’il est possible que ce soient des personnes à la sensibilité exacerbée, et qui voient ce que la majorité ne peut pas voir.« Hey » parle de toutes ces choses que l'on veut dire à quelqu'un qui ne peut plus les entendre, de ces choses que l’on garde en soi et qui nourrissent la rancœur. Cette chanson est un appel à la délivrance. Elle est ma préférée sur l’album, c’est aussi la plus mélancolique.
( Garin Le Thuc) Encore et toujours l’amour... « First In, Last Out » est un morceau sur le premier amour qu’on oublie jamais, dont on profite sans se soucier alors qu’il va de toute façon faire mal, et causer des dégâts pour toujours. Espérer être celui qui fait mal, ou bien… espérer que la fin sera heureuse. Premier arrivé, dernier sorti, mais aussi « last out » dans le sens de survivre. Il survit à toutes les autres histoires, et il faut aussi qu’on y survive.
( Charlotte Savary) « To You » est une chanson d'amour heureux tout simplement, sur les débuts d’une relation ou chaque moment de séparation est vécu dans l’attente et la rêverie.
( down-tempo.net)Vous avez une qualité de voix rare pour une francophone chantant en anglais...
( Charlotte Savary)Merci ! j'ai fait plusieurs immersions dans la vie de familles américaines dans mon adolescence. J'adore cette langue, elle est extrêmement musicale. On peut dire des choses très simples et pourtant très belles, comme si la sonorité était aussi une part du message.
( down-tempo.net)Pour vous c’était une évidence de chanter en anglais ?
( Charlotte Savary)C'est un évidence oui, pour Clover en tout cas l'anglais est venu tout naturellement : je ne me suis pas dit "je vais écrire en anglais", ça venait tout seul. Je ne peux pas me forcer à chanter dans telle ou telle langue, je préfère rester spontanée, sinon je ne fais rien de bien. Mais j'ai aussi des projets en français.
( down-tempo.net)Comment passe-t-on groupe de reprises à des compos originales, en anglais?
( Charlotte Savary)Les reprise c'est une véritable école, ça apprend à repousser les limites de sa voix et essayer plein de styles…j'en ai beaucoup appris, et passé de super moments en concerts. Mais au bout d'un moment j'avais tout simplement envie de m'exprimer autrement que par le choix d'un titre et de son interprétation, et j'ai eu la chance de faire de bonnes rencontres… tout après s'est fait un peu tout seul.
( down-tempo.net)Pour vous qu’est-ce qu’on trouve au bout de la ru(elle) World’s end lane ?
( Garin Le Thuc) World’s End Lane est avant tout la rue qui se trouve au bout de celle de mes grands parents, à Londres. C’est un peu ma manière de rendre hommage à une de mes patries…
Cela représente aussi beaucoup de souvenirs, et on a beau fuir le plus loin possible, jusqu’au bout du monde, on finit toujours par être rattrapé par ses souvenirs. L’album est composé de beaucoup de petites histoires de notre passé… alors « World’s End Lane », on peut dire que ce sont nos ultimes souvenirs… ou un truc comme ça ;o) Même si on est peut-être un peu jeunes pour dire ça comme ça.
( down-tempo.net)Comment se retrouve-t-on à signer chez UnderCover?
( Clover) Nous avions créé un site internet et envoyé des messages sur des newsgroups. Nous voulions savoir ce que ceux qui ne nous connaissent pas en pensaient. Par chance, Laurent Collat a fait un tour dessus, et a accroché tout de suite sur « Sword City ». A partir de là, il a contacté Bruno Girard d’UCMG, qui nous a contacté pour avoir une démo. Cela remonte à décembre 2001, je crois. C’était bien avec UCMG au départ, et c’est toujours avec UCMG, mais sous le nouveau nom d’Under Cover !
( down-tempo.net)Que représente la sortie de votre premier disque ?
( Clover) Un certain accomplissement. C’est quelque chose qui nous est arrivé par surprise, en fait. Nous bricolions nos petits trucs sans jamais penser qu’on en serait là un jour, et tout s’est enchaîné par chance !
( Garin Le Thuc) Ca me permet de plus de justifier mon redoublement en école d’ingénieur, et ça me soulage pas mal vis-à-vis de mes parents !
( down-tempo.net)Qui vous a donné envie de faire de la musique ?
( Charlotte Savary) Tous ceux qui en faisaient déjà et que je voulais imiter, mais aussi mon frère qui m’a fait écouter ses disques quand on était jeune, puis m’a invité à venir chanter dans son groupe de reprises.
( Garin Le Thuc) Je ne sais pas trop comment c’est venu. Petit, je voulais jouer du piano, j’aurais adoré avoir un de ces claviers Bontempi ou Casio que je voyais dans les catalogues de jouets… Puis c’est revenu vers mes 15 ans, et là, ce sont tous les groupes que j’écoutais à l’époque, et plus particulièrement Dinosaur Jr ou Pearl Jam. Même si ce que nous faisons aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec…
( down-tempo.net)Est-ce que, pour vous, la musique doit être spontanée ?
( Charlotte Savary) Tout à fait, d'ailleurs à mon sens si ce n'est pas spontané ce n'est jamais vraiment sincère, et de toute manière on ne sait pas se forcer à faire de la musique. Nous ne sommes pas laborieux.
( Garin Le Thuc) Oui. Je ne suis pas musicologue, alors si je me mets à y réfléchir, de toute façon, ça finirait par être vraiment bloquant. J’aurais peur de faire un truc foireux (au moins, si c’est le cas, je ne m’en rends pas compte ;o).
Vous devriez installer le plug-in Flash.

( down-tempo.net)Quels groupes vous ont influencés (à part New Order ;)?
( Garin Le Thuc) Je vais dire un truc horrible, mais je n’ai jamais écouté New Order avant… « Get Ready ». Il fut un temps où j’avais écouté « Bizarre Love Triangle » reprise par Frente. Du coup, curieux, je suis allé écouter l’original, et là, le son m’a… choqué. Mais j’étais jeune. ;o)
Depuis l’enregistrement, je m’y suis penché un peu plus… surtout depuis que des gens les cite comme une de nos références, ça m’a forcément intrigué ;)
En fait, j’ai du mal à définir mes influences, car j’ai vraiment le sentiment que ce que j’écoute ne se retrouve pas tellement dans Clover: Blur, The Smiths et Morrissey, Pulp… J’écoute des choses plus « modernes » aussi, mais c’est plus passager.
( Charlotte Savary) J’aime beaucoup les songwriters et -teuses comme Jeff Buckley, Tom McRae, Elliott Smith, Pj Harvey, Cat Power, Stina Nordenstam… J’aime de plus en plus les musiques plus abstraites comme Sigur Ros, GYBE ! ou Mum. En ce qui concerne les chanteuses j’avoue que j’ai un faible pour Jennifer Charles de Elysian Fields, et Alison Goldfrapp, mais aussi la voix extrêmement pure de Heather Nova.
( down-tempo.net)Dans quel état d’esprit étiez-vous pour l’enregistrement de cet album ?
( Clover) Assez curieux de voir ce que cela allait devenir. On avait composé ces morceaux depuis deux ans voire plus pour certains…
( Garin Le Thuc) J’avais un peu peur aussi, car mine de rien, avec leurs défauts et autres, on s’attache tout de même aux démos. Le côté « suite de l’aventure » était aussi très excitant !
( Charlotte Savary) J’étais très heureuse de pouvoir enfin, comment dire, « recopier au propre » nos brouillons, de les graver pour de bon.
( down-tempo.net) La canicule : un effet sur vous ?
( Charlotte Savary) Disons que la chaleur qui régnait dans le studio, mêlée au peu de temps que nous avions, nous ont forcé à faire des choix très rapidement, ce qui je crois a aidé à conserver un certain naturel sur l'album.
( Garin Le Thuc) La chaleur n’a pas eu seulement des effets sur nous, mais également sur les machines !!! L’ordinateur nous a fait une petite coupure pour surchauffe… Ca nous a aussi obligé à être très naturels entre nous ;) C’était épuisant.
( down-tempo.net)Vous avez travaillé avec un producteur ( Laurent Collat) sur cet album. Est-ce une chose à laquelle vous aviez pensé dès le départ du projet album?
( Garin Le Thuc) En fait, Laurent est à l’origine du projet album. Sans lui, nous aurions continué à faire des démos qui pour nous étaient des morceaux finis, on n’imaginait pas avoir à les emmener plus loin un jour. Donc on peut dire que dès le départ, oui, Laurent était prévu sur l’album.
( down-tempo.net)Quel a été son apport dans vos compositions?
( Clover) Laurent a aidé à transposer nos démos en hi-fi, tout en essayant de conserver ce qui faisait le spontanéité de Clover, il a aussi été co-compositeur sur plusieurs titres. Nous connaissions déjà son travail sonore très pur et sommes fiers d'avoir pu travailler avec lui.
( down-tempo.net) Connaissiez-vous ses titres en tant qu'Elegia pour F Communications?
( Garin Le Thuc)Les fans d'Elegia pourront certainement reconnaître sa patte sur l'album. J’avoue que je ne connaissais pas Laurent Collat, pas même de nom, avant d’enter en contact avec UCMG. Et pourtant j’avais entendu son travail sur Unreasonnable Behavior de Laurent Garnier. J’ai découvert Elegia principalement avec le titre « To Become », que je trouve vraiment magnifique. Je ne connais pas très bien le reste de son travail, mais d’après ce que j’ai entendu, je pense qu’il n’a pas eu le succès qu’il mérite, et c’est fort dommage. Mais il n’est pas trop tard !!!
( Charlotte Savary) Je n'aime pas vraiment la "house", mais je trouve que les compositions de Laurent issues de sa période F-com ont cette intemporalité et cette classe qui n'est pas forcément présente sur les autres productions du label. Je sais qu'il évolue aujourd'hui vers des compositions plus pop, comme un retour aux sources, et j'en trépigne d'impatience.
( down-tempo.net)Qu'a-t-il su vous apporter que vous n'auriez pas su faire par vous-mêmes?
( Garin Le Thuc) Laurent nous a poussé à creuser les morceaux, vraiment à chercher là où nous nous étions arrêtés, pour aller encore plus loin. Un morceau comme « Sword City » n’a pas bougé, mais en revanche, « The Death of the lonely Superhero » est à la base deux morceaux qui ont éclaté pour donner un titre sur lequel le résultat final est dû en très grande partie à Laurent. Pour « Hey », Laurent a réalisé l’arrangement de cordes qui donne une ampleur toute autre au morceau.
( down-tempo.net)Est-ce facile de laisser intervenir quelqu'un sur son propre travail?
( Clover) Bien sûr que ce n’est pas évident, mais une relation de confiance s’est vite instaurée avec Laurent. D’une part c’est quelqu’un de très compétent, et ses conseils sont judicieux. D’autre part, il nous a bien fait comprendre qu’il aidait à créer le son de Clover, et en aucun cas ne faisait un nouvel album d’Elegia. Cependant, il est devenu au cours du mois d’enregistrement le troisième membre de Clover, et nous allions dans le même sens, plus vite et plus loin grâce à son savoir-faire et son expérience.
( down-tempo.net)Vous semblez vouer une passion plus grande à la pop anglaise sophistiquée qu'à l’électro, non ?
( Garin Le Thuc) J’ai grandi en écoutant, ou au moins entendant la musique de ma mère, qui est anglaise : Del Shannon, The Searchers, The Kinks, The Beatles, etc… Forcément, j’ai un penchant naturel pour la pop anglaise, et j’ai donc été un grand fan de Blur, de Pulp, des Smiths, et de beaucoup de chose lors de la vague Britpop. Mais cette pop n’est pas nécessairement sophistiquée. J’attache beaucoup d’importance à la mélodie.
L’électro est une manière de renouer avec mon amour de jeunesse pour les sons cheap, et aussi un moyen de faire de la musique plus facilement avec un ordinateur qu’avec un ensemble de cordes dans le placard… Il y a beaucoup de très bonnes choses dans l’électro, mais également un certain nombre que je ne comprends pas… ou en tout cas je ne saisis pas toujours les raisons de l’engouement qui leur est dévoué.
Merci à Mathias Olive [UnderCover Music] et aux membres du groupe. Novembre 2004
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( down-tempo.net)Sur votre site web vous mettez en ligne vos premières démos quel impact en attendez-vous? Comment avez-vous fait évoluer votre son depuis? Votre façon de travailler?
( Garin Le Thuc) Les premières démos sont là pour rappeler que Clover était avant tout un truc artisanal, bricolé avec les moyens du bord.
La démo de « To You » a surtout une valeur « documentaire ». Personnellement, je sais que j’aime bien écouter les versions démos d’une chanson, pour voir comment elle est née, comment elle a évolué. En l’occurrence, c’est vraiment le tout tout premier essai, et on s’est dit que c’était amusant.
Les autres démos permettent de montrer un côté un peu plus léger de notre musique.
Peut-être qu’en montrant qu’avec trois bouts de ficelle, un Casiotone et du bricolage, on peut tout de même faire un album, cela donnera de l’espoir à des gens !
Je suis d’ailleurs attaché à cette façon de faire. Pas tant pour le résultat que pour la manière, en fait. Nous ne nous attachons pas à un son en particulier, et nous nous laissons porter par nos envies, les choses viennent spontanément.
Une fois l’idée mise en forme, nous essaierons sans doute de la creuser davantage, comme Laurent nous l’a appris. Nous sommes somme toute un peu plus exigeants avec nous-mêmes, mais il faut également conserver notre fraicheur.
( down-tempo.net)Vous êtes à l'aise sur scène ? Le public ne vous effraie pas ?
( Charlotte Savary) La scène c'est effrayant et excitant à la fois. Pour avoir eu plusieurs expériences je dois dire que je n'en ai pas encore fait assez pour être totalement à l'aise.
( Garin Le Thuc) Je suis très timide, et j’ai très peur ;o)
Playlist du moment
( Charlotte Savary)
Cocorosie : Terrible angels (La maison de mon rêve)
Elliott Smith : The last hour (From a Basement On a Hill)
PJ Harvey : The Slow Drug (Uh Hu Her)
Feist : Let it die (Let it die)
Lhasa : My Name (The living road)

( Garin Le Thuc) Kings of Convenience : The Build Up (Riot On an Empty Street)
Blur : Out of Time (Think Tank)
The Smiths : This Charming Man
Console : 14 Zero Zero (Rocket in the Pocket)
The Searchers : Needles and Pins
Crédits photos: Lionel Samain
L'album sorti chez UnderCover est chroniqué ici: