(
down-tempo.net)Quand
on regarde la programmation proposée dans le cadre des AudioBrunch certains
s'avancent pour dire que la véritable actualité musicale est ici, pendant
trois jours. ( Georges
Buisson)Ça c'est formidable si on pense cela! Si
effectivement cette notion de recherche et d'actualité se fait dans un
bâtiment du patrimoine national la rencontre est fortement heureuse .
Paradoxalement ces lieux sont des lieux du possible on a beaucoup parlé
des friches, des lieux alternatifs etc, .. J'ai toujours pensé que ces
monuments pouvaient être des lieux du possible. Ce qui se passe ici n'était
pas complètement ce qui se passe ailleurs. On n'est pas dans le consumérisme
: « tiens on va assister un à concert clé en main » on va assister à de
la recherche à des tentatives. Il y a aussi l'aspect très intéressant
de la convivialité. On parle on mange on n'est pas dans un rapport habituel
à la musique. Et puis il y a ce débat qui s'établit entre la salle et
les musiciens. Quelque chose que l'on ne peut pas faire dans une salle
avec 300 ou 400 personnes. Avec cette discussion qui s'installe on est
dans un laboratoire d'échanges. On écoute la recherche, l'actualité et
aussi le doute, le questionnement. L'édition 2002 avec sa dialectique
Pionniers / Héritiers avait vraiment permis ce type de débat. On est là
aussi pour comprendre comment ces labels s'inscrivent dans cette recherche.
On est plus dans le possible que dans le sûr à la différence d'un "concert".
Il ne faut pas que dans ce monument se passent des choses qui peuvent
se faire ailleurs. Le monument n'est pas une salle qu'on prête. Le palais
Jacques Cœur est un haut lieu de la mémoire berruyère. Un lieu où on peut
tenter les choses justement parce que le lieu lui est une certitude totale.
Il est du 15eme, il va durer bien après nous ce qu'il faut mettre à l'intérieur
doit le déranger. (
down-tempo.net)Et
les labels dans tout ça? ( Georges
Buisson)L'histoire est quelque chose de vivant si
on peut regarder ailleurs c'est qu'il y a un présent. Un label n'est pas,
j'imagine, quelque chose de commercial, c'est une démarche, une famille
et ce n'est pas figé non plus. Le fait de ne pas additionner des noms
sur une liste mais s'inscrire dans une thématique cela raconte une histoire
on y voit la logique de la transmission. On n'est que le fruit de ce qui
vient d'avant, c'est vrai aussi pour l'architecture. C'est en cela aussi
que ce monument est passionnant. Il est issu d'une architecture de rupture
. Les architectures précédentes étaient le fait d'une architecture de
défense ( les châteaux-forts) ou d'une architecture religieuse entre les
deux on n'avait pas de créneau dominant. . C'est la première fois en France
que l'on décidait de construire une résidence civile. (
down-tempo.net)Il
est très intéressant que vous employez le terme de résidence, très proche
de la vie des djs, des labels qui aujourd'hui obtiennent par exemple une
"résidence" sur une radio... ( Georges
Buisson)Y habiter, recevoir voilà l'expression de
l'aspect très moderne de ce lieu. En plus de la pénétration de la lumière,
des galeries basses et hautesqui sont des lieux de la déambulation de
la convivialité. Il n'est pas choquant qu'aujourd'hui on trouve ici l'émanation
de ce qui pourrait être le plus contemporain de notre époque dans le domaine
de la musique mais aussi des arts plastiques, du théâtre... En dehors
du printemps de Bourges je mène des actions tout au long de l'année au
travers des parcours artistiques. Dans cette relation improbable entre
ce monument et des adolescents l'artiste peut être le meilleur passeur.
Des ateliers, des séances de restitution dans l'urgence qui ne débouchent
pas sur un travail fini dans les domaines de la danse contemporaine, de
l'écriture, du théâtre, de la photo, des installations vidéo (
down-tempo.net)Pour
vous les Audio Brunch sont de l'ordre de « l'after » ou du « before »? ( Georges
Buisson)( sourire) un « avant » ou un « après »?
Je dirais un « pendant »! Il faut que ce lieu continue d'accumuler la
mémoire de la ville. Si ce lieu n'était pas dérangé , bousculé par un
événement comme le Printemps de Bourges je me sentirais extrêmement fautif
en tant qu'administrateur, et à tous les niveaux. L'art est fait pour
déranger. Il n'y a pas de résultat attendu. [retour
à l'actu]
Depuis
trois ans le palais Jacques Cœur convie la crème de l'électronique
pour quelques infidélités à la programmation plus 'maverick' du
printemps de Bourges. Apartés dans la salle des festins vus par
George Buisson , administrateur des lieux. Considérations architecturales
et artistiques du lieu sont à mettre en parallèle avec les notions
de vécu et de transmission . Si vous ne voyez dans un festival que
l'occasion d'écluser des litres de bière dès votre réveil au camping
cet entretien risque de vous surprendre...
D'accord?
Pas d'accord? Dites-le sur le forum
(sujet: Palais Jacques Coeur)