INTERVIEW Tara King Th The Tara King Theory [Mudah Peach]

( down-tempo.net) Il y a eu des changements pour cet album...
( Arnaud) C'est Béatrice qui reprend. Cécile a arrêté. Sur l'album il y a 'Quatrième dimension' mais on l'avait enregistré il y a très longtemps. Avec Béatrice cela fonctionne à merveille.
J'ai vraiment l'impression d'avoir trouvé la voix parfaite pour ce que je voulais faire. Faut pas trop lui dire mais elle est parfaite.
( down-tempo.net)Pourquoi ne faut-il pas lui dire ?
( Arnaud) Parce qu'on le lui dit déjà assez comme ça ( rires)!
( down-tempo.net) Vous citez tout le temps Billie Hollyday. est-ce que Béatrice c'est votre Billie Holliday à vous, votre muse?
( Arnaud)Ouais carrément sauf que Billie Holliday était noire!J'aimerais bien arriver à faire des morceaux dans cet esprit-là, style vieux club de jazz. C'est ce qui me manque toujours dans les disques de maintenant. Mon rêve c'est de me retrouver il y a cinquante ans dans un vieux club un petit verre à la main, l’artiste sur scène à quelques mètres…
( Vivien) Ouais mais aujourd’hui les micros faut les trouver et puis en même temps, il y avait une imperfection dans le son.
( Arnaud) Le top c'est en vinyle une bonne grosse galette, des craquements.
( Vivien) un seul micro au milieu de la salle.
( Arnaud) Il y a un son cotonneux. Il y a un morceau sur le dernier album de Pink Martini qui rend compte de ça (il fredonne).
( Vivien) ...Trop propre.
( Arnaud) Peut-être pas sur tout le disque mais sur ce titre-là ils évitent ce côté trop parfait. Un bon gros vinyle voilà ce qu’il nous faudrait … surtout avec ce qu'on est en train d'enregistrer . D’ailleurs même cet album mériterait un pressage vinyle... avec quelques rayures.
( down-tempo.net) Pourtant vous êtes aussi branchés nouvelles technologies...
( Arnaud) oui mais seulement au service de la création. En fait dès qu'il y a un truc nouveau on va vouloir l'essayer mais en fait on revient toujours à la base. Entre un clavier Midi avec des sons de Rhodes, parfait sur scène, et un vrai Rhodes je prends le vrai Rhodes. Ce n'est qu'un outil l'électronique. Très pratique pour essayer des trucs, mettre en oeuvre des idées rapidement.
( Vivien) Pour programmer des arrangements de violon (rires).
( down-tempo.net) Voilà un an vous aviez fait parvenir une version de 'the tara king theory' qu'est-ce qui a motivé les changements ?
( Arnaud) Le temps, tout simplement le temps ... la première version était un premier jet pour dire : « voilà l'album cela pourrait être ça... ». Ensuite cela a mûri, on a sélectionné des titres, on en a gardé pour d'autres projets. On a surtout essayé de faire un album très cohérent. On nous a reprochés d’écrire un peu toujours la même chose mais c'est un choix patent, de la première plage, et même avant la première plage, à la dernière. C'est la même démarche qui avait présidé pour ‘Harold’. Composer un bloc unique qui pourrait être quasiment le même morceau avec des variations.
( down-tempo.net) Pourquoi ce changement de tonalité par rapport au premier album?
( Arnaud) C'est Béatrice… c'est Vivien... c'est la maîtrise de certains sons, certaines choses.
( Vivien) C'est la découverte d'autres outils.
( Arnaud) Sur ‘Séquence 01’ il y avait dix titres parce qu'il y avait dix compos, pas de bonus. C'était vraiment pour faire un essai. Il y avait des choses qui me plaisaient dans ce premier et je les ai mises en œuvre pour ‘Harold’... des trucs apaisés, des rythmiques assez posées.
( Vivien) Il y avait aussi une époque down tempo mais on est passé à autre chose, plus pop.
( down-tempo.net) Est-ce un avant-goût de la suite?
Arnaud (amusé): J'espère qu'on changera à chaque disque. On ne sait pas ce qu'une distorsion avec une guitare peut faire ... encore que sur ce deuxième album nous n'avons pas trop cherché à expérimenter mais plus à produire quelque chose de bien léché. Ce n’est pas l'histoire d'arrondir les angles mais j'espère avoir quelque fait quelque chose que mes parents peuvent écouter avec plaisir.
( down-tempo.net) Un disque pour papa et maman? Un peu comme ce couple sur Soap Opera?
( Arnaud) J’ai fait ce qui venait. Toutes les mélodies de chant sont écrites avant. Cécile écrit les textes à partir des mélodies. C'est sans doute elle qui a dû le suggérer de le faire avec une deuxième voix.
( Vivien) C'est aussi le moment où Béatrice est arrivée dans le groupe. On ne savait pas ce que ce changement pourrait donner.
( Arnaud) Le changement, ces petites intégrations me conviennent bien. Je ne suis pas un songwriter. Je pars d'un petit riff, d'une mélodie... Je conçois davantage des arrangements qu'une composition du début à la fin. Les chants ont toujours été vus comme un instrument supplémentaire. C'est l'assemblage du tout qui fait un morceau.
( down-tempo.net) Le disque se termine sur “Welcome to the real world” est-ce que l'album est à vivre comme une parenthèse dans votre monde ?
( Arnaud) (dubitatif) C’est toujours après qu'on se rend compte de ça. Je voulais faire un titre en deux parties C'est surtout les variations qui nous font faire l'ordre des morceaux. Pour Once upon a dream j'avais le titre mais pas de texte, idem pour Soap Opera.
Vous devriez installer le plug-in Flash.

( down-tempo.net)Vos influences pour cet album
( Arnaud) Rien de volontaire sur ce disque. Seulement éviter les fautes de goût.
( down-tempo.net) C'est à dire?
( Arnaud) Un mauvais son, une mélodie pourrie, un texte ridicule...
( Vivien) Un truc à l'eau de rose
( down-tempo.net) Pourtant les textes sont très romantiques...
( Arnaud) Encore une fois l'ensemble a un sens. Je ne fais jamais trop attention au texte mais plutôt à la musicalité des mots. D'où le choix de l'anglais. Si tu prends un morceau des Stones et situ écoutes attentivement les paroles c'est souvent nul. Mais on s'en fout. Cécile a souvent voulu dire des trucs, des fois trop même : le végétal, le minéral, la peau aussi, la forêt… tout ça...
( Vivien) Une forêt mais avec des alignements alors !
( Arnaud) Une forêt replantée (rires) ? Pour le prochain on verra. J'ai quelquefois essayé d'écrire mais à chaque fois le résultat ne me plaisait guère : je me relève le lendemain et je lis ce que j'ai écrit la veille et c'est nul. Alors je préfère rajouter une mélodie plutôt que chanter. Le fait d'avoir les textes écrits par un autre a ce côté 'facile'.
( Vivien) On a toujours vu Cécile écrire les textes alors que si l'un de nous trois s'y met...
( Arnaud) Le français pose un gros problème parce qu'on comprend ce que cela veut dire Je suis très content de la barrière de la langue .
( Béatrice) je n'ai jamais chanté autre chose que les textes de Cécile. Le fait qu'il y ait un « air de famille », c'était très bien pour rentrer dans le groupe... mais cela n'a pas rendu plus complexe de dire les choses écrites par une autre. De toute manière j'aurais du mal avec les textes des autres s'ils étaient en français. Quoique pour la reprise d’Arno ( ndlr : une version de Dans mon lit d’Arno enregistrée par Tara King Th sortira à l’automme 2005 sur un album Tribute to Arno) cela s’est bien passé.
( Arnaud) Pour 'Harold' j'ai mis très longtemps à me mettre dans le texte. J'avais demandé à Cécile de me le lire et je suis rentré dedans quand on s'est mis à le jouer sur scène, à force de l'entendre. Je ne l'ai jamais lu, je l'ai écouté. Et quand on fait des morceaux c'est pareil. On se tourne aussi vers d'autres gens pour découvrir et faire d'autres choses. Je suis tombé sur le clip de Snoop Dog et je l'ai trouvé mortel. Il n’y a absolument rien dedans et pourtant on s'imagine plein de trucs. J'aimerais bien faire des trucs comme ça... Partir d'un rythme, une voix, un son enregistrer puis tout enlever et ne garder que ça. J'aime bien Radiohead mais ils ne sont pas très spontanés sur disque, c'est plutôt du brainstorming. Le souci est qu'on a du mal à se figer. Idem pour les concerts c'est différent, on change souvent.
( Vivien) Parce qu'on se lasse aussi.
( Arnaud) Lors de la sortie de Séquence 01 on était déjà dans le deuxième. Là c'est différent on est plus « dedans ».
( down-tempo.net) Et pour les compositions?
( Vivien) C'est Arnaud qui fournit tout le travail. Il n'y a pas trop de place pour faire quoi que cela soit d'autre.
( Arnaud) Cela fonctionne aussi parce que ce sont les bonnes personnes pour moi.
( Vivien) La démocratie fonctionne peut-être plus sur la scène. Avec beaucoup plus d'échanges d’idées des suggestions d'arrangements, des choses sur le son.
( Arnaud) En même temps c'est dur de tout mener. Je n’oserai pas faire juste deux accords de guitare, à moins que je ne parte dans un groupe faire le guitariste et « cogner de l'ampli » , juste un musicien... un jour peut-être si ça marche, et si on veut faire une petite pause ... d'ici cinq ou dix ans.
( down-tempo.net) Et pour la scène vous serez trois aussi ?
( Vivien) On fait beaucoup d'instruments à trois et on voudrait bien avoir un bassiste, et un guitariste pour gagner davantage de liberté pour chacun.
( Béatrice) On a bien nos champs respectifs mais tout le monde est multi instrumentiste. Après c'est en fonction des disponibilités : celui qui peut faire un clavier ... celui qui peut lancer les samples ... A côté du chant, j'ai aussi commencé le violoncelle ...
( Arnaud) Sur scène la limite du personnel, le nombre réduit arrête forcément les choses. Le nombre important, on a déjà vécu ça, avec Curtis Newton (ndlr : formation dont ont fait partie Cécile et Arnaud) notamment. Au départ on ne peut pas être davantage que trois pour fonctionner. Finalement on a trouvé une bonne formule et si maintenant on peut rajouter une ou deux personnes…

Merci aux membres du groupe. Entretien Février 2005
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C’est devant un café (tiède) puis dans le studio où le groupe prépare les versions acoustiques pour un autre projet, à suivre, que Tara King Th se livre, enfin, ai-je envie de rajouter. Arno Boyer, accompagné par Vivien puis rejoints par Béatrice parle du (quasi album-) concept autour de la ‘theory’ - concept tout sauf fumeux. Il est quelquefois difficile de ‘coller’ à la sortie de ‘The Tara King Theory’ tant les projets, très aboutis pour certains, abondent.
Rencontre.
Arnaud Béatrice
Vivien
L'album distribué par Productions Spéciales est chroniqué ici: