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(sujet: Craig Armstrong)
{Les amateurs des grandes sensations
du premier album, le magique The Space
between us (ndt: l'espace entre nous) ne seront pas surpris.
Pas surpris mais sans doute pas convaincus non plus: déjà
entendu sur les bandes originales de l'auteur (cf. chronique du baiser
mortel du dragon) ... impression que l'on nous ressert la même (oserons-nous
soupe?), breuvage qui du coup est devenu amer comme chicon. Martin L.
Gore de Depeche Mode a écrit des partoches pour instruments à
cordes plus émouvantes que ce Ruthless Gravity qui démarre
l'album. Bref l'émotion n'est plus (vraiment) là. Faux départ
? Le réveil du mauvais pied se poursuit. New York aujourd'hui blessée
reçoit un clone mité de Richard Ashcroft en la personne
de Evan Dando, ombrageux au possible sur Wake up in New York. Il
aurait dû se presser au chevet de ses "citrons", plutôt
qu'à celui de la métropole meurtrie.
Craig Armstrong en champion cycliste gravit les montées de violons
comme Indurain les cols dans les Alpes: gros braquet, le corps en avant
et sans jamais se retourner, de sorte que les quelques incursions en terre
electro ne font pas le poids. On taira la performance de Bono ( ni récente
ni novatrice) pour aller chez Photek (Hymn 2 -the missing one) où
sa jungle taillée au scalpel lui permet de se racheter une
conduite après ses errements solaires.
C'est encore grâce au chur des pleureuses (Wendy Stubbs sur
Sea Song, Antye Greie-Fuchs sur Waltz pour un talk-over
en allemand) que la mièvrerie ambient (finding beauty)
connaît quelques sursauts de dignité.
Rempli d'erreurs de casting mais tant attendu, truffé de redites
mais tellement espéré, le deuxième album solo de
Craig Armstrong est là. Déçus nous le sommes, comme
si cet espace entre nous s'était démesurément
agrandi.}